Avant 1900
Ces textes sont traduit de l'anglais avec autorisation écrite de SKA (Texte original)
Daruma – 1848 Estampe par Utagawa Kuniyoshi commémore une représentation de la pièce Takagi Oriemon Budō Jitsuroku (高木織右武実録) au théâtre Nakamura)

L'origine du karaté est le dérivé d'un mélange de légende et l'histoire factuelle. Il y a environ 1400 ans, Daruma (Bodhidharma), le fondateur du bouddhisme zen dans l'ouest de l'Inde, a introduit le bouddhisme en Chine. Afin d'enrichir ses enseignements oraux, il a apporté avec lui les écrits philosophiques indiens appelés "Sutras". Ses méthodes d'enseignement spirituels et physiques étaient tellement difficiles et exigeantes que beaucoup de ses disciples ne pouvaient pas supporter les épreuves et tombèrent d'épuisement. Afin de leur donner plus de force et d'endurance, il a développé un système de formation plus progressif, qu'il a écrit dans un Sutra, "Ekkin-Kyo" (Ekkin: moyen de renforcer le corps, Kyo: un livre écrit).

Ekkin-Kyo de Daruma peut être considéré comme étant le premier livre de karaté de tous les temps. L'entraînement physique, fortement influencé par ses principes philosophiques, a été enseigné dans le monastère du temple Shaolin dans les années 500 AD (Shaolin peut également être orthographié "Shorin" avec le même sens). Sous l'influence des moines shaolins, les méthodes de combat sans armes en Chine sont devenus une discipline complexe appelée Kempo ou Kungfu, qui est un terme général désignant toute boxe chinoise. Cependant, au cours du temps, de nombreuses écoles indépendantes se sont développées. L'influence du style de ces écoles provenait soit de l'école Shaolin de la Chine du Nord, caractérisée par des mouvements très colorées, rapides et dynamiques ou de l'école Shokei du sud de la Chine, connue pour ces techniques puissantes et sobres.

Ces enseignements se sont finalement étendues aux îles Ryukyu, incluant Okinawa, l'île principale de la chaîne. Cet archipel, qui a formé un chemin naturel pour l'expansion de la culture chinoise au Japon, s'étend de l'île la plus méridionale du Japon, Kyushu, jusqu’à l'île chinoise de Taïwan (anciennement Formosa) dans l'Est de la Chine. La situation géographique unique d'Okinawa, ainsi que les deux périodes de l'histoire où l'utilisation d'armes était interdite, sont les principales raisons du haut degré de développement du karaté à cet endroit.

Depuis l'aube de l'histoire à Okinawa, il existait une méthode naturelle de combat appelé Okinawa-te (ou Okinawa Main). La première période d'expansion du karaté à Okinawa a eu lieu il y a 500 ans environ, lorsque le roi de la dynastie Hashi Sho a réunit les trois principaux royaumes des îles Ryukyu et à unifier toute l'archipel. Afin de maintenir l'autorité sans une grande force militaire, le roi Hashi décrète alors que le port d'armes serait un crime contre le royaume. Sans armes, les entraînements secrets pour les méthodes de combat à mains nues ont considérablement gagné en popularité parmi les paysans et sont devenues beaucoup plus sophistiquées et efficaces.

Autour de l'an 1600, le Seigneur japonais de Satsuma a attaqué et conquis le royaume désarmé du roi Hashi. Tout comme le roi Hashi avait fait avant lui, l'envahisseur japonais interdit le droit à quiconque de posséder et de porter des armes pour protéger sa domination. Leur réaction a produit la deuxième période de développement du karaté à Okinawa. Les entraînements de nuit secrèts dans Okinawa-te sont donc redevenus populaires, devenant encore plus meurtrières. Certaines techniques ont également été développées à l'aide d'outils agricoles tels que des bâtons, des faucilles, des chaînes et des barres de fer qui étaient impossibles à interdire aux paysans. Ainsi, les techniques de Bojutsu, Tonfa, Nunchaku, et Sai sont nés.

Pendant cette période, les membres de la famille Shimazu, seigneurs de Satsuma dans le sud du Japon, cherchaient à promouvoir les échanges commerciaux et culturels avec l'extérieur et à ouvrir la partie sud du pays à la Chine. Cette politique, combinée avec la proximité géographique des îles Ryukyu vers la Chine, a grandement accéléré l'influence des méthodes de combat chinois sur Okinawa.

Ligné Shotokan

Dans les alentours de l'an 1735, l'influence chinoise sur le karaté a été mentionné pour la première fois dans un livre d'histoire locale, "Ohshima-Hikki" (Le mot Ohshima signifie "grande île" et Hikki signifie "note"). Le livre raconte l'histoire d'un homme s'appelant Sakugawa qui a voyagé à Chin, a maîtrisé le karaté et est retourné à Okinawa pour enseigner ses méthodes.

Les politiciens chinois étaient bien au courant de la grande popularité du karaté parmi les résidents de Okinawa. Dans un effort d'étendre les relations commerciales avec Okinawa, la Chine a envoyé des ambassadeurs officiels qui étaient aussi des maîtres en boxe chinoise. cette stratégie a vite fonctionné car ces maîtres du Kempo ont été reçus chaleureusement par les résidents d'Okinawa car ils leur enseignaient leur art.

En 1664, l'attaché culturel, Koshokun, est arrivé à Okinawa avec plusieurs de ses étudiants chinois et a commencé à enseigner sur l'île. Il a inventé un kata (une suite de mouvements prédéfinis simulant des situations de combat) qu'il a laissé comme héritage pour les habitants de l'île. Longtemps appelé Kushanku, du nom de son inventeur.

Ce kata, Kushanku, est maintenant enseigné dans les écoles de karaté Shotokan sous le nom de Kwanku. C'était le kata favoris de Gichin Funakoshis (船越 義珍), fondateur du Shotokan Karate-do, qui est né le 10 novembre 1868 et est décédé le 26 avril 1957. Maître Funakoshi a renommé ce kata Kwanku, dont la signification est “voir à travers le néant” ou “regarder vers le ciel”.

Peu de temps après, d'autres délégés chinois sont venus à Okinawa. Les plus notables étaient Waishingzan, Iwah et Ason. Ce dernier réduisait le nombre de ses étudiants à une poignée. Le plus populaire d'eux, maître Tomigusuka, était au sommet de sa gloire durant la jeunesse de maître Funakoshi. Durant la même période, un maître inconnu du sud de la Chine s'est également installé à Okinawa et est devenu une grande influence. En dépit de l'absence de toute forme d'écriture sur l'île à cette époque, il était tellement connu que les histoires racontant ses aventures ont traversé les époques et sont connues mondialement aujourd'hui. Cette période de l'histoire s'étend de 1800 jusqu'à 1870.

Donc, le karaté à Okinawa s'est développé à partir de deux techniques de combat. La première, utilisé par les résidents d'Okinawa, était très simple mais terriblement efficace et, surtout, très proche de la réalité puisqu'elle était utilisée depuis plusieurs siècles en combat réel. La deuxième, beaucoup plus élaboré et imprégnée d'enseignements philosophiques, était le résultat des anciennes cultures chinoises. Ces deux origines expliquent le double caractère du karaté: extrêmement violent et efficace mais, également, une discipline stricte et austère avec une emphase non violente.

1900-1945
Ces textes sont traduit de l'anglais avec autorisation écrite de SKA (Texte original)

Durant la période contemporaine, Maître Funakoshi Gichin fut l’influence la plus importante dans le développement du karaté tel que nous le connaissons de nos jours. Il est né à Shuri sur l’île d’Okinawa le 10 novembre 1886. Dès l’âge de 11 ans, il étudie le karaté auprès des deux plus grands maitres de l’époque: Yasutsune (Anko) Itosu et Yasutsune (Anko) Azato. Maitre Funakoshi a eu l’opportunité de pratiquer auprès de Maitre Kiyuna, qui de ses mains nues était capable d’arracher l’écorce d’arbres encore vivants en l’espace d’une fraction de seconde, et auprès de Maitre Toonno de Naha, l’un des experts sur Confucius le mieux connu de l’île. En plus il a pratiqué auprès des Maitres Niigaki et Matsumura en devenant un spécialiste de la Chine classique. En dépit du fort niveau de partisanerie au sein des différentes organisations issues des années de pratiques secrètes, le niveau de maître Funakoshi était tellement avancé qu'il a été initié à tous les styles de karatés majeurs à Okinawa.

J’étais un bébé souvent malade et un garçon frêle; en conséquence, il me fut suggéré quand j’étais encore très jeune que pour surmonter ces handicaps je débute l’apprentissage du karaté. » - Gichin Funakoshi

À l’âge de 21 ans, Maitre Funakoshi devint enseignant dans une école primaire et continua de pratiquer le karaté secrètement la nuit malgré l’interdiction. Pour Maitre Funakoshi, le mot karaté pris un sens plus profond et devint Karaté-do, littéralement « la façon du karaté ou de la main vide ». Pratiquer le karaté-do devint une éducation pour la vie.

Le 6 mars 1921, le prince hériter, qui plus tard devint l’empereur du Japon, observa une démonstration de karaté se déroulant dans le Grand Hall du château de Shuri à Okinawa. Au printemps 1922, Maitre Funakoshi fut invité à Tokyo par le ministre de l’Éducation afin d’introduire le karaté à la capitale japonaise. À ce moment Maitre Funakoshi a réalisé qu’il voulait voir le Karaté-Do introduit au peuple japonais en entier. Il écrit donc à Maitre Azato et Maitre Itoshu à propos de son idée et ils répondirent avec encouragements tout en l’avertissant des difficultés qu’il rencontrerait.

Durant le printemps de 1922, le ministre de l’Éducation annonça qu’une démonstration d’arts martiaux anciens japonais allait avoir lieu à l’École normale supérieure des femmes à Tokyo. Maitre Funakoshi présenta trois longs manuscrits de photos démontrant plusieurs katas et positions des mains et des pieds. La présentation fut un grand succès. Il resta à Tokyo après la présentation malgré ses intentions initiales de retourner à Okinawa grâce aux conseils de Jigoro Kano, le père du judo et Hakudo Nakayama, une grande autorité du kendo. « J’avais planifié de retourner à mon île native immédiatement après la démonstration, mais j’ai repoussé mon retour quand le défunt Jigoro Kano, président de Kodakan Judo Hall m’a demandé de donner un bref cours sur l’art du karaté. Un peu plus tard, lorsque je préparais encore mon départ pour Okinawa, un matin le peintre Hoan Kosugi m’a appelé. Alors une fois de plus, j’ai repoussé mon départ et j’ai commencé à donner des leçons aux membres d’un groupe de peintres nommé le club Tabata Poplar dont Kosugi était le président. »

En 1923, le dortoir Meisei Juku pour les étudiants d’Okinawa devint une école temporaire de karaté sous Maitre Funakoshi. Durant cette période, le karaté était pratiquement inconnu. Maitre Funakoshi avait très peu d’élèves et vivait pauvrement. Afin de subvenir à ses besoins il pratiquait plusieurs petits boulots. « Afin de payer pour la petite chambre où je dormais, j’occupai plusieurs petits postes au dortoir : garde, concierge et même jardinier. »

Il introduit le karaté aux universités majeures du Japon, incluant Keio qui fut le premier club de karaté universitaire au Japon avec Iao Obata comme capitaine et l’université de Waseda avec Hiroshi Noguchi comme capitaine.

En 1936, le premier dojo officiel de karaté Shotokan a ouvert ses portes à Mejiro au Japon pour malheureusement se faire détruire par un raid aérien en 1945. Sous Maitre Funakoshi, les shihans originaux (instructeurs en chef) furent Takeshi Shimoda, le premier étudiant extraordinaire qui mourut jeune, en 1934, et Yoshitaka (Gigo) Funakoshi, le fils de Maitre Funakoshi. Yoshitaka Funakoshi mourut jeune en 1945 l’empêchant de poursuivre les enseignements de son père.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’armée américaine présente au Japon sous le général Douglas MacArthur considéra le judo et le kendo trop militant et leur pratique fut bannie. Cependant, le professeur Ohama approcha les forces occupantes américaines et les convainquit que le karaté soit enseigné au niveau universitaire et dans certains clubs. Lorsque les Américains demandèrent ce qu’était le karaté il leur répondit qu’il s’agissait d’un sport noble comme la boxe, mais avec des coups de pied. Grâce à la requête de professeur Ohama, le karaté au Japon échappa à la prohibition et pendant les dix prochaines années gagna en popularité dans plusieurs universités.

À l’aube de la guerre de Corée, lorsque les relations entre le Japon et les États-Unis permirent la libéralisation des règles imposées par l’armée américaine, Karaté-do devint un des arts martiaux les plus populaires et fut même enseigné aux troupes américaines par des élèves de Maitre Funakoshi.

1946-1954

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1955–1959

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